GÉNÉALOGIE

Hérédité en retour, sautant deux générations. Ressemblance physique et morale d’Adélaïde Fouque.

(Arbre généalogique des Rougon-Macquart – 1893)

FICHE PERSONNAGE

« Née en 1843, 10 ans en 1853. Une petite fille très brune, pas belle et correcte comme la mère,, laide plutôt avec des traits heurtés et des pommettes saillantes, mais des yeux immenses, d’un noir profond, et une expression de visage d’un charme profond. Long cheveux noirs, un peu grande pour son âge, souple et gracieuse. Vêtue de noir elle aussi, avec un ruban de velours sur le front. – En faire le type de la femme qui s’éveille trop tôt dans l’enfant. Affinée par la maladie. En elle toute l’humanité souffrante. Très nerveuse. Pas de musique dans la chambre. Mais elle peut entendre le piano sur lequel Madame Deberle joue des airs d’opérette, et se pâmer. Hélène peut passer ses journées à faire un travail près de la fenêtre, des travaux de charité, des layettes et des vêtements pour les enfants. Jeanne l’aide, ou fait du crochet. Sa passion au travail. Le jardin d’ailleurs, où l’enfant joue. »

Documents préparatoire d’Une page d’amour, NAF 10318, f° 477.

BIOGRAPHIE

Fille de Grandjean et d’Hélène Mouret. Née en 1842. Petite-fille d’Ursule Macquart, morte tout d’un coup d’une phtisie aiguë après une vie d’affolements et de crises nerveuses, arrière-petite-fille d’Adélaïde Fouque, enfermée dans une maison d’aliénés. Est atteinte d’une de ces affections chloro-anémiques qui favorisent le développement de tant de maladies cruelles. Les convulsions de sa première enfance reparaissent à onze ans et demi. C’est une enfant délicate, au fin visage d’un ovale adorable, un peu allongé, d’une grâce et d’une finesse de chèvre. Elle a de grandes paupières bleuâtres et transparentes, un nez mince, une bouche un peu grande, des cheveux d’un noir d’encre. Tellement nerveuse qu’il a fallu renoncer à lui apprendre la musique, rendue folle par l’éther, adorant se balancer, mais s’évanouissant dans la sensation du vide, atteinte d’une terrible crise après les émotions d’un mois de Marie rempli de fleurs et d’encens, elle anime quelquefois la maison d’une joie bruyante, puis tout à coup elle a des noirs, des accès de colère aveugle. Par moments, cette enfant de onze ans a des regards où luit toute la vie de passion d’une femme.

Elle aime sa mère avec une jalousie d’amoureuse instinctive, qui la fait sangloter quand madame Grandjean caresse une autre enfant, elle veut l’avoir toute à elle, n’acceptant aucune affection rivale. D’abord amie de Rambaud, elle se fâche aussitôt qu’elle devine son projet de mariage, elle le prend en horreur, rapproche même sa mère du docteur Deberle, les veut toujours ensemble, puis, dès qu’elle surprend leur amour, c’est une saute brusque, sa haine va vers Deberle, elle subit un martyre d’adoration trompée, la névrose dont elle souffre lui donne une seconde vue. À l’heure où sa mère cède à Henri, elle se juge abandonnée à jamais et, s’entêtant sous une pluie froide, elle contracte la phtisie aiguë qui va l’enlever en trois semaines. C’est une agonie fermée, une mort silencieuse et haineuse, sans pardon. Jeanne Grandjean meurt en 1855 et restera seule là-haut, sous les cyprès du muet cimetière de Passy, devant le Paris éternel.

(Une Page d’Amour)

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