Maîtresse de Souvarine, affiliée avec lui à un complot politique. Déguisée en paysanne, elle apportait du pain tous les soirs aux conjurés qui minaient la voie du chemin de fer où devait passer le train impérial. Comme un homme aurait pu être remarqué, c’est Annouchka qui a allumé la mèche. Souvarine, échappé aux recherches, a suivi le procès de sa maîtresse pendant six longs jours ; deux fois, il a eu envie de crier, de s’élancer par-dessus les têtes pour la rejoindre, mais un homme de moins, c’est un soldat de moins, et Annouchka disait non, de ses grands yeux fixes. Il a vu pendre les condamnés ; l’exécuteur perdait la tête, dérangé par la pluie battante ; Annouchka a dû attendre son tour, tout debout, pendant vingt minutes ; elle n’apercevait pas son amant, elle le cherchait en vain dans la foule, puis Souvarine est monté sur une borne, elle l’a vu, leurs yeux ne se sont plus quittés. Quand elle a été morte, elle le regardait toujours. Alors, il a agite son chapeau et il est parti.

(Germinal)

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